mercredi 30 juillet 2008

134. Specifically

What I miss
is this:

Someone to have long
half-whispered conversations with
at night, in the dark

dimanche 27 juillet 2008

133. Gujerati style

Dans la gare une femme portant
un sari vert et mauve et je me dis
qu'il irait bien mieux à Claire

vendredi 25 juillet 2008

132. Sleepless

A shiver of shadows
within the grey within the greyer still

Folding in on itself

I have bitten into the flesh of night
feeling its smoothness yield under my teeth
then acrid and powdery
like feathers
like soot

and now I find myself sinking
into the dark into the darker still

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A l'origine, c'est un passage du conte à la joueuse de koto (moi, quand je ne dors pas, la seule chose dans laquelle je mords, c'est des Pims au chocolat), mais je ne suis pas tout à fait sûre de le garder. Même si je l'aime bien... je crois.

mercredi 23 juillet 2008

131. Comme dans le Japon ancien (un peu)

Lundi j'ai acheté de l'encens, puis je l'ai oublié dans mon sac
et aujourd'hui quand je l'ai ouvert
les pages de mon livre embaumaient

mardi 22 juillet 2008

130. En prenant le train

Ce matin sur le quai une créature étrange et merveilleuse
mi-skateuse en treillis et baskets à lacets fluo
mi-chef de gare en t-shirt et casquette SNCF réglementaires

dimanche 20 juillet 2008

129. Encore un questionnaire !

Il vient de nouveau de Marion... c'est long long long, mais ça parle de livres, alors je n'ai pas pu résister. Prêt ? C'est parti...

1 - Quel(s) souvenir(s) avez-vous de votre apprentissage de la lecture ?
Euh... hmm... ça remonte à loin, ça... Je me souviens que les parents entouraient les lettres dans les bouquins de la collection Emilie (de Domitille de Préssensé), pour signaler les "ou", les "an", les "on", etc. Un jour, hop, on est passés à Oui-Oui -- et je me disais "un VRAI livre ! Pas un livre pour les petits avec que des images et pas beaucoup d'écriture..."

2 - Vos lectures préférées lorsque vous étiez enfant ?
Vraiment petite : les Barbapapa, Oui-Oui. Un peu plus grande : les Club des 5, Astrapi, la série des Alice, celle du Clan du Chien Bleu, Ronya fille de brigands, Flicka, La petite maison dans la prairie... il y en a tout plein !

3 - Aimez-vous la lecture à haute voix ?
Non. J'adorais ça quand j'étais petite, mais maintenant, ça me gave.

4 - Votre conte préféré ?
La fileuse et le pastoureau, un conte chinois.

5 - La meilleure adaptation d'un roman ou d'une pièce de théâtre
Difficile de répondre parce qu'en règle générale, j'évite d'aller voir un film sur un livre que j'ai déjà lu et inversement -- parce que souvent, c'est la cata (Possession ! Ak ak ak !!). Mais disons que l'adaptation du Seigneur des Anneaux par Peter Jackson est magistrale (sauf le 3ème tome : ça va pas la tête ou quoi ? L'histoire n'était pas assez bien pour toi, Peter ? Fallait aller inventer des trucs zarbis n'ayant rien à voir ?). Et aussi les romans de Jane Austen passent souvent bien à l'écran : Raison et Sentiments, Orgueil et Préjugés, Clueless...

6 - Apprenez-vous par cœur certains poèmes, répliques de théâtre, passages de roman ?
Pas volontairement, mais il y a certains trucs qui restent et qui me trottent dans la tête, comme une bribe de chanson dont on n'arrive pas à se défaire.

7 - Avez-vous des livres ou des magazines dans vos toilettes ?
Oui, plusieurs -- mais plutôt des magazines.

8 - Avez-vous plusieurs lectures en chantier ? Combien ? Lesquelles ?
OUAIS !! J'en ai plein ! Alors alors... La lande des mortifications, qui est moins terrible que son nom l'indique : c'est un recueil de pièces de nô japonais. Lhasa: Streets with Memories, un bouquin sur Lhassa, donc, mais qui n'est hélas pas terrible-terrible ; en plus je ne me souviens plus de l'auteur -- Robert Burnett, je crois. Treize siècles de littérature japonaise, de René Sieffert, parce que bon. Ulysse, de Jean Giono, que j'ai chopé dans la bibliothèque de mes parents. Et le dernier numéro du magazine Khimaira, car il contient une merveille de Nine.

9 - Le poète que vous ne cesserez jamais de relire / de vous réciter ?
J'aime bien la poésie, mais je ne m'y connais pas trop. Là comme ça, je dirais Ono no Komachi, Izumi Shikibu, Bashô, Apollinaire, Rimbaud.

10 - Le livre que vous avez lu le plus rapidement ? Le plus lentement ?
Euh le plus rapidement, je ne sais pas trop. Les Harlequins ? Non, quand même. Ah si : il y a aussi Ahab's Wife, de Sena Jeter Naslund, un pavé énorme que j'ai lu en 24 heures sans m'arrêter, sans dormir, avec les yeux tout brûlés de mots.
Le plus lentement, c'est sans conteste Ulysses, de James Joyce, parce qu'il faut vraiment s'accrocher. Mais je l'ai lu ! Jusqu'à la fin !

11 - Préférez-vous les éditions de poche aux originales ? Pourquoi ?
Les éditions de poche, car on peut les traîner partout avec soi. Et puis on peut vraiment se les approprier, on ne se sent pas obligé de les respecter, c'est des potes.

12 - Le(s) livre(s) que vous ne rangez jamais dans votre bibliothèque et qui traîne(nt) toujours ?
Les Notes de Chevet, de Sei Shônagon (d'ailleurs je ne le trouve plus, je ne sais pas où je l'ai mis)... un dictionnaire d'une langue ou d'une autre... Dance dance dance de Haruki Murakami (je ne sais pas pourquoi)... The Divine Secrets of the Ya-Ya Sisterhood...

13 - Quel est votre rapport physique à la lecture ? Debout ? Assis ? Couché ?
Dans toutes les positions ! Assis, debout, couchée, en cuisinant, en écoutant de la musique, en regardant la télé, en attendant le train, en tenant la barre du métro d'une main, mes courses de l'autre et un mouchoir dans la troisième (oui, j'ai trois mains, et alors ?).

14 - Vos lectures sont-elles commentées crayon en main ?
Alors là non.

15 - Offrez-vous des livres ?
Oui, j'adore le faire. Mais parfois, on se trompe sur le livre qu'on offre, c'est embêtant -- surtout quand c'est un livre qu'on apprécie soi-même. On croyait connaître la personne, et hop, pas du tout.

16 - La plus belle dédicace, que ce soit de l'auteur ou de la personne qui vous l'offrit ?
Il y en a deux : celle qui m'a fait le plus plaisir, c'est la version japonaise du tout premier livre que j'ai traduit (je l'ai traduit en français, hein !!), rapportée spécialement du Japon et signée par l'auteur. Et la plus précieuse, pour plein de raisons, c'est L'Astragale dédicacé à ma grand'tante par Albertine Sarrazin.

17 - Quel est votre rapport sensuel au livre ? (Odeur, texture, etc.)
J'aime bien mettre le nez dessus, et aussi les caresser du plat de la main ou du bout des doigts. Les bouquins nrf sont biens pour ça ; les livres anglo-saxons aussi, avec des couvertures hyper-texturées, des lettres en relief, des zones mates et des zones vernies...

18 - Quels sont les auteurs dont vous avez lu les œuvres intégrales ?
J'y réfléchis et il y en a plus que je le croyais. Stephen King... Haruki Murakami... A.S. Byatt... Jane Austen, je crois bien... John Irving... Albertine Sarrazin... et de la seconde à la 2ème année de fac, j'ai lu l'intégrale des Rougon-Macquart, de Zola (eh oui).

19 - Un livre qui vous a particulièrement fait rire ?
Hm... A Prayer for Owen Meany, de John Irving. Il y en a d'autres, mais rien ne me vient, là comme ça.

20 - Un livre qui vous a particulièrement ému ?
Extremely Loud and Incredibly Close, de Jonathan Safran Foer... Une parfaite chambre de malade, de Yôko Ogawa... Des os de corail, des yeux de perle, de Natsuki Ikezawa... Sarinagara, de Philippe Forest

21 - Le livre qui vous a terrifié ?
La part des ténèbres et Bag of Bones, de Stephen King. La chute de la Maison Usher, d'Edgar Allan Poe.

22 - Le livre qui vous a fait pleurer ?
A Prayer for Owen Meany, de John Irving

23 - L'avertissement / l'introduction qui vous a le plus marqué ?
Euh... aucun. Je ne les lis pas, ou alors seulement après avoir lu le livre, donc...

24 - Le titre le plus marquant, original, décalé, astucieux?
The Minotaur takes a Cigarette Break, c'est le plus récent... et puis j'avais fait une note sur le sujet, au début de ce blog.

25 - Décrivez votre bibliothèque.
Ma bibliothèque, c'est mon appart'.

26 - Le(s) livre(s) dont vous vous êtes finalement débarrassé ?
Mes livres de classe.

27 - L'endroit le plus insolite où vous lisez ?
Je lis partout, alors... Bon, je peux aussi la jouer frimeuse et dire "une auberge tibétaine, au pied du mont Everest" (C'était Possession, d'ailleurs, de A.S. Byatt).

28 - Il ne vous reste que trois jours à vivre : que souhaitez-vous lire ou relire ?
Trois jours, vous êtes fou ou quoi ? C'est trop triste comme question... Je crois que je relirais mes chapitres préférés de mes livres préférés.

29 - Votre livre d'art préféré ?
Le Dit du Genji, de Murasaki Shikibu, illustré par la peinture japonaise traditionnelle (éditions Diane de Selliers). Un miracle dans ma bibliothèque ! Le jour où je l'ai acheté, je l'ai posé à côté de mon oreiller et j'ai dormi avec.

30 - La bibliothèque idéale ?
Une bibliothèque où on pourrait faire apparaître par magie le livre qu'on a envie de lire juste à ce moment-là. Par exemple : on est en train de lire Treize siècles de littérature japonaise, où l'on parle d'un poème du Manyôshû ? Aussitôt pensé, aussitôt fait, on a l'ouvrage à portée de main, et on peut le feuilleter comme on veut.

31 - L'incipit qui vous a le plus marqué ?
"C'était à Mégara, dans les faubourgs de Carthage..." Nan, j'rigole. Quoique.
J'aime bien "L'aube surprit Angelo béat et muet mais réveillé". Ou alors "The book was thick and black and covered with dust". "Call me Ishmael". "Stately, plump Buck Mulligan came from..." (from quoi ? Je ne sais plus trop).

32 - La clausule qui vous a le plus marqué ?
Je peux tricher un peu ? C'est "et pourtant pourtant", d'un célèbre haïku de Kobayashi Issa :

Monde de rosée
C'est un monde de rosée
et pourtant pourtant

jeudi 17 juillet 2008

128. Shampoo

Under my fingers, surprising
the nape of my neck, naked and nicked
-- a new haircut

mardi 15 juillet 2008

127. Ne vendons pas la peau de l'ours...

... mais réjouissons-nous quand même en sautant de joie partout dans la maison en toute modération car... un nouveau livre est peut-être sur le feu !

La maison d'édition pour laquelle j'ai traduit le précédent ouvrage veut faire appel à moi pour un autre bouquin -- écrit par une grande pointure du secteur, apparemment, numéro un sur plein de listes de best-sellers, et dont Alan Greenspan a déclaré que c'est "une lecture indispensable". Ooooh.

Hahaha ! Chuis trop contente !

Pardon. Je ferais mieux de me calmer, ceci dit, car rien n'est encore signé, mais bon... ça a l'air quand même bien parti.

Voilà, c'était tout pour aujourd'hui ! Je vais aller boire du champagne me coucher, maintenant. Bonne nuit tout l'monde ! A la prochaine ! Un nouveau livre à traduire ! Salut ! Dormez bien ! Un best-seller ! Faites de beaux rêves ! Oyasuminasai ! Buenas noches ! Alan Greenspan ! Sleep tight, don't let the bedbugs bite !

lundi 14 juillet 2008

126. Hotarubi

Etranges lucioles
dans le grand arbre --
le feu d'artifice vu de ma fenêtre

vendredi 11 juillet 2008

125. Choses qui font un peu peur sans qu'on ose se l'avouer

Prendre l'avion -- Une personne chère tarde à rentrer ; même si on sait qu'elle est parfaitement en sécurité, on s'inquiète, sans se résoudre à le dire à voix haute -- Les éclipses -- Marcher dans une rue déserte, tard le soir -- Retrouver quelques cheveux le matin sur son oreiller -- On n'attendait personne, et voilà que quelqu'un frappe à la porte -- En voyage, le douanier vous fait signe et inspecte votre valise de fond en comble ; bien entendu, on n'a rien à se reprocher, mais mille scénarios plus cauchemardesques les uns que les autres vous traversent l'esprit -- Prendre de l'âge -- Un colis abandonné sur un banc de métro -- Dormir seule dans une grande maison vide -- Prendre l'ascenseur -- Les pannes d'électricité : si la lumière ne revenait jamais ? -- Un avion passe très très bas dans le ciel, à faire trembler les vitres.

L'autre jour, le distributeur a avalé ma carte bleue ; je l'ai récupérée sans dommages, mais depuis, j'ai un petit pincement à l'estomac, parfaitement irrationnel, chaque fois que je retire de l'argent.

jeudi 10 juillet 2008

124. Not too nice

For three nights now
the same images of
flayed limbs -- not
the red glisten of healthy flesh
but yellow-mottled brown, decaying

jerking and flailing, startling me
Also the smell of
honeysuckle gone wrong
and I can't
sleep --

mercredi 9 juillet 2008

123. Random fact: natch

J'ai souvent vu le mot natch en anglais ; sans trop me poser de questions, je l'ai toujours assimilé à un bruit de porte qui se ferme à la fin d'une phrase, un vague équivalent du ne japonais.

Et hier, l'illumination en lisant un article du Guardian : natch comme l'abbréviation de naturally, naturally ! Incroyable !

"Utilisation recensée pour la première fois en 1945", m'apprenait le dictionnaire étymologique immédiatement consulté pour confirmation -- sans toutefois m'apprendre si le mot provient de Grande-Bretagne ou des Etats-Unis, dans quel milieu il a été d'abord employé, etc.

Bah, pas grave, la découverte à elle seule m'a fait bien plaisir...

lundi 7 juillet 2008

122. Vive les soldes

Ce matin j'ai essayé trois paires de chaussures de rêve
Aucune n'allait, naturellement, alors à la place j'ai acheté

un livre

dimanche 6 juillet 2008

121. Love is in the air

Ce matin, bizarrement, on entendait "La Marche Nuptiale"
dans les couloirs du métro
Et toutes les filles soudain
le menton levé et le dos droit
adoptaient une démarche pleine de grâce et dignité

vendredi 4 juillet 2008

120. Ligne 2

Avec l'été et le métro aérien
tous les matins je me promène
dans la canopée

jeudi 3 juillet 2008

119. Hommage à Maurice Béjart

Hommage à Maurice Béjart, avec Sylvie Guillem et le Ballet de Tokyo.

Oui, je ne manque jamais une occasion de voir des Japonais en débardeur (et là, bonus ! Ils étaient torse nu !)

Mais bon, je tiens à préciser que même avec le ballet de Lausanne, j'y serais allée, car Sylvie Guillem, quand même. L'honneur est (vaguement) sauf.

Il faut avouer que j'ai été plutôt rétive au charme du Sacre du Printemps et de Gagaku. Mais Le Boléro ! Je trouve qu'il faut un courage colossal pour monter sur une table rouge, au milieu d'une trentaine d'hommes, pour danser -- et donner au Boléro, pourtant usé jusqu'à la trame, tant de puissance.

Et puis c'était à Versailles, sur le Bassin de Neptune... j'aime bien les spectacles en plein air, malgré la rosée, le froid et les sièges inconfortables. Mais...

même seule en pleine lumière,
la danseuse ne parvient pas
à faire oublier l'oiseau
qui prend son envol
dans le soir qui tombe

mardi 1 juillet 2008

118. Poker Face


Tonight I am thinking about languages


How you can keep them close to your vest
and smile knowingly

or

fan them out
one by one on the table
like a neat hand of cards

Half magic
Half game