Il me fait un peu peur
cet homme dans le métro
qui arrondit ses mains dans le vide
puis les serre lentement
les doigts tremblant sous l'effort
autour d'un cou imaginaire
"Règle générale, j'ai rapporté ce que j'avais observé de curieux dans le monde ; mais j'ai choisi, de même, ce qui me semblait de nature à montrer la splendeur des hommes, et j'ai parlé encore des poésies, des arbres, des herbes, des oiseaux et des insectes." -- Sei Shônagon, Notes de Chevet
mardi 3 mars 2009
220. Vous habitez Boston ?
lundi 2 mars 2009
219. 10 moyens de savoir l'heure à Paris quand on n'a pas de montre
- Si le fond de l'air sent la crotte de chien, il est entre 7h et 8h30 du matin (ou du soir).
- Si le vigile vient fermer sous votre nez la grille du passage couvert constituant un raccourci très pratique vers votre station de métro, il est environ 20h (et vous êtes vraiment très très fatigué).
- S'il n'y a personne dans les rues hormis des clochards ou des fous, il est 10h34 du matin.
- S'il y a plein de monde fumant sur les trottoirs, c'est l'heure de l'apéro.
- Si vous êtes dans le métro, essayez de regarder vos pieds : si tout ce que vous apercevez, c'est l'épaule de votre voisin coincée sous votre mandibule, il est entre 8h12 et 9h27 ou entre 17h02 et 19h48 (qui a dit que les Français ne travaillent pas tard ?).
- Toujours dans le métro, si tout le monde sourit vaguement, vous tient la porte et vous aide à porter vos valises, il est 5h du mat'.
- S'il n'y a plus aucun taxi disponible, il est entre 23h30 et 2h40 du matin.
- Si tous ceux que vous croisez ont un verre Starbucks à la main, il est 18h.
- S'il n'y a personne dans votre ligne d'eau à la Piscine des Halles, il est 15h.
- S'il fait beau, que les touristes parlent tous étranger, que les quais sont encore plus pittoresques que d'habitude et que les nuages voguent plus vite que les bateaux-mouche, on est samedi -- et dans ce cas, pourquoi se préoccuper de l'heure ?
mercredi 25 février 2009
218. En Belgique...
En Belgique, il y a...
... des canaux...
... des dunes...
... des fantômes...
... et de la magie
----------------
* Bradford, Brighton, Bath, Bruges, Blankenberge (bon OK, avec un petit détour par Tubise), Bruxelles, Barcelone... qu'est-ce qu'il y avec mes soeurs et les B en voyage ?
** Oui, j'ai encore des tonnes de taf', mais... j'ai FINI le livre... et des photos, ça prend pas des masses de temps, alors bon. Je poste et puis voilà.
jeudi 12 février 2009
217. A pause...
Bon là, il faut se rendre à l'évidence : je suis débordée. Débordée, débordée, débordée. Je finis de traduire un livre (oui oui, j'aurais pu avancer plus vite dans les mois précédents, mais je travaille mieux sous stress... à cause de l'adrénaline... on va dire...), mon autre donneur d'ordre est sous cocaïne hyperactive, et ça fait une semaine que je me nourris de pain de mie et de rogatons surgelés car je n'ai pas le temps de faire des courses correctes.
Et à cause de tout ça, mon cerveau ne marche plus. Du tout. Seuls des termes économiques et financiers y flottent, entre deux crises d'angoisse dues à l'état des marchés et aux Accursed Deadlines From Hell. Regardez-moi ça, je n'arrive même pas à faire une note d'au revoir correcte !
Donc.
Je vais laisser ce blog en friche pendant quelque temps. Jusqu'à fin février. Mais après ça ira mieux ! Le livre sera terminé, les grosses échéances seront passées, et j'aurai assez de frustration créative accumulée pour pondre une deuxième Illiade. Vous allez me manquer ! Rendez-vous en mars, avec le printemps ! Et les giboulées !!
vendredi 6 février 2009
216. Petite étude sociologique
Ma prof de japonais, la pauvre, s'est fait voler son sac par un mec en scooter. Nous avons discuté de l'incident, évidemment, de l'abondance de pick-pockets à Paris, etc. -- et je lui ai dit que je n'avais pas eu ce sentiment au Japon, qu'on se sentait plus en sécurité dans les rues. A quoi elle me répond que oui, mais qu'en France, il y a plus de pauvres ; au Japon, il y a d'autres dangers, comme par exemple des hommes qui prennent des photos sous les jupes des filles, ou alors des pervers dans les wagons de métro, ce genre de choses. "Bref, chaque société a des problèmes dans ce qui lui manque le plus", a-t-elle conclu.
Hmm...
mercredi 4 février 2009
215. A surfeit of scarves
There is the blue-and-purple one
that my best friend brought back from India
still smelling strange and dusty
after three washes
Also there is the black cable-knit one
all thin and long and stretchy
that I can wrap thrice around my neck
Not to forget the sheep fur one
that I don't wear too often
on account of the self-consciousness, and the fact that
the long frizzly hair tickles my chin
and gets stuck in my lipstick
There is the violet-coloured one
familiar, soft and slouchy like a well-worn T-shirt
but no match for
the black one I brought from Tibet
so fine that, like fairy cloth,
it could pass through a golden ring
and that I lost, and still mourn a little
Finally there is the big grey one, for prestige
because it is cashmere, and from Mongolia
my favourite right now
the one that smells like me
that protects me in the cold and the smoke and the stinks of the city
and yet
every morning it's the same
I can't find the one I need
